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blog de Jindra Kratochvil

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Ceci s'appelle Headlline

Ceci s'appelle Headlline 2

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Ceci s'appelle Headlline 3

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Ceci serait par exemple un lien.

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07 12 2014


Le cheval ne savait pas qu'il était cheval. Ses yeux, en tout cas, ne disaient pas je suis cheval. Ils disaient seulement je te regarde, et parfois ils disaient tu me regardes. Les animaux ne se savent pas animaux.
Et nous — qu'est-ce que nous ne nous savons pas ?

21 10 2014


Elle est ce personage femme qui s'appelle Marie Florence Victoria, son odeur de parfum de luxe excessif l'enveloppe maintenant dans un ascenseur toute entière elle qui en voyage vertical cage métallique est attirée au quarante dix-neuvième étage. Peau de blancheur excessive de luxe aussi cheveux clairs pâles comme blancs. Dents petites nombreuses aigues dans la bouche Marie Florence Victoria. Dents petites serrés fortement qu'une mâchoire travaillant sans relâche écrase. Un jour tes mains comme toi seront griffes. Silence de l'ascenseur absolu très dérangeant tout autour vibration aucune. Reflet seul avec d'autres reflets d'autres angles. Tes dents chantent le froid de la grêle qui tombe. Et maintenant — musique. Dans une ambiance de gaité et de bien-être les petits bateaux traversent le fleuve et rejoignent la rive. Tout le monde est là, plus personne ne manque. Un personage qui porte un chapeau ridiculement jaune accueille les convives en leur serrant la main. Mesdames et messieurs comment allez-vous mais c'est très aimable, etc. Promenons-nous le long du fleuve ! s'exclame Marie Florence Victoria sur son poney. Allons au moins jusqu'au rail ! lui répond quelqu'un. Immédiatement tout ce petit monde se met en marche tout en chantant Si le coeur t'en dit. Confortablement assise sur son poney, Marie Florence Victoria commence à ressentir, au bout de ses longs doigts blancs, une sorte de froideur exagérément menaçante.

21 10 2014


Avec étonnement, je constate que je me parle toujours depuis le même endroit, comme si je restais bloqué devant un panneau vous êtes ici.

21 10 2014


Apparemment, présenter la fonction que l'on occupe et l'expérience que l'on a accumulée est une joie très spéciale — une fois passé le cap.

21 10 2014


Et pendant que tu te reposes — le vide lui aussi travaille.

21 10 2014


On imagine facilement un homme bon se transformer en salaud, mais on a plus de mal à imaginer l'inverse. Je ne dis pas que les deux cas arrivent, je dis seulement que c'est plus ou moins facile à imaginer. Mais peut-on vraiment imaginer un homme bon sans lui prêter le visage quelqu'un que l'on admire ? Et dont la transformation en salaud est, par conséquent, absolument inimaginable ?

21 10 2014


L'arbre et l'araignée

J'ai souvent été l'arbre
Parfois l'araignée
Parfois l'arbre et l'araignée

Je tissais des toiles gigantesques
Entre les branches de moi-même
Avec un fil épais, solide comme de l'acier
Je nouais des pièges
Autour de mon tronc
Entre mes doigts et entre mes côtes

Puis je faisais semblant
D'attraper des oiseaux
Parce que les mouches ne venaient pas

Toutes les mouches qui ont été vues n'étaient pas de vraies mouches. Elles ont toutes été vues puis oubliées. Les oiseaux, par contre, étaient tous vrais sans exception.

21 10 2014


Il m'arrive souvent d'avoir très envie de penser. D'habitude, c'est urgent et irrépressible. Je ne peux pas m'aider. Les autres non plus ne peuvent pas m'aider.

21 10 2014


Car ici nous ne sommes pas vraiment quelque part, n'est-ce pas ? Cependant tout est comme si. Faut-il trouver ça inquiétant ? Rassurant ?

21 10 2014


Il faut meubler, vite — cet espace stérilisé, blanc, vide, etc., c'est vraiment terrifiant. Absence de repères, mais surtout absence de bruit. Les mots sont trop nets, trop accentués, amplifiés, démesurés. Sonnent dans le vide d'un sens grotesque. Plus tard, lorsque j'aurai meublé cette page, les choses seront plus simples. Des traces de doigts se répandront un peu partout, les mots vont pouvoir se noyer les uns les autres, il y aura comme une patine familière à force de répétitions et de redites. Je rêve d'un tel espace, habitable, humain.

Le danger, c'est qu'il ne soit pas possible de meubler quoi que ce soit. Que la page résiste, qu'elle avale tout, au fur et à mesure. Que le vide résiste, à sa façon. Eh bien — qu'il résiste. Après tout, une fois que l'on connaît la mécanique, tout va bien. D'un côté ça se vide, de l'autre côté ça se remplit. Puis ça s'inverse et ça recommence.

09 10 2014